Jeudi soir dernier, les loulous sont en vacances chez Mamie Odette, du coup Christophe et moi on en profite pour faire une sortie théâtre.
Profitons du spectacle délocalisé du Théâtre du Cloître à Oradour saint Genest, à 5 minutes en voiture... cool....
Tout simplement génial.... un décor impressionnant ... une interprétation remis au goût du jour... des performances d'acteur... bref un très bon moment !

Aller vers Roméo et Juliette
" C’est avec mon regard d’adulte que j’aborde le sombre mythe de Roméo
et Juliette. J’y observe le silence de Dieu, le sacrifice faussement
rédempteur, l’amour comme objet de la passion, les castes comme des
machines à broyer. Mais je l’empoigne avec au coeur un émerveillement
sorti droit de l’enfance. Il est ici question de magie,
d’ensorcellement, de malédiction à rompre, de transgression, de coup de
foudre, d’absolu, d’aventure. Il est question d’une première fois, d’une
éclosion de l’être, d’une rébellion pleine d’espoir. Il s’agit de
tendre un filin entre ces deux extrémités, de relier la spirale du pire
et la possibilité de l’espoir. C’est assez vertigineux. Et ça finit mal,
de toute façon.
Alors pour que le chemin soit moins ardu, que l’on puisse l’emprunter
avec des camarades de tous âges, je déshabille le Diabolus Ex Machina,
qui remporte comme on le sait la partie, ne nous y trompons pas. Je
décortique l’action. Les acteurs incarnent, puis regardent leur
dépouille. Ils sont très
près puis à grande distance. Alors on rit aussi parfois, quand ils sont
à distance, comme ça. Pas de l’action dramatique. Elle est bien trop
triste. On pleure aussi. On est comme les acteurs, on va et
vient, de l’intérieur vers l’extérieur. De Vérone à la salle de
spectacle. Et dans la salle de spectacle, en face, derrière l’action, on
voit des spectateurs qui sont au théâtre. " Hélène ARNAUD, metteur en
scène
S’emparer du mythe
L’Epouvantable Histoire de Roméo & Juliette,
ni simplification, ni édulcoration, est un texte original qui sait ce
qu’il a reçu en héritage de William Shakespeare, Arthur Brooke et Luigi
da Porto, eux-mêmes redevables à Ovide, sans oublier le travail des
traducteurs, adaptateurs et commentateurs. Pascal ARNAUD revisite
aujourd’hui, avec la même liberté, l’histoire des amants de Vérone, et
confirme, démonstration à l’appui, qu’elle est bien aussi épouvantable
qu’éternelle.
Trois acteurs la racontent et l’incarnent tour à tour, alternant
incarnation et distanciation, décodant la machination, mêlant à la
tragédie des accents drôlatiques. Un soin particulier est apporté à
baliser les itinéraires pouvant aller vers une issue heureuse mais
systématiquement déviés, et marquer les bifurcations du sort qui
s’acharne.